Texte de Marine Riguet

Traduction Cécile  Kobel

Mise en scène  et scénographie: Laurent Cazanave

Collaboratrice artistique : Claudia Monge

 

Avec :

Gaspard Legendre

Nathan Brown

talk to me

Se servir du langage comme seule bouée dans la vie. Deux hommes se retrouvent dans un huit clos. Ils ont vu et ressenti la mort, ils l’ont même touchée. L’un est l’ombre, la conscience de l’autre. Tous les deux sont aux portes de la mort et cherchent un moyen de se raccrocher à la vie: parler. Parler pour survivre. Jouer avec les mots. Sentir la vie à travers les complexités et la poésie de la langue. Deux figures qui ne parlent pas la même langue, qui sont en tout, étranger l’un à l’autre, en guerre et pourtant ils sont semblables perdus, abandonnés. Aller au delà de la compréhension propre. Comprendre sensuellement, sensiblement la langue de l’autre.

 

Au delà du langage c’est l’homme le sujet de cette pièce. Comment réagit-on  face à la mort, a-t on peur ? Devenons-nous fous? Nous réfugions-nous dans nos souvenirs? Et après cette disparition que reste-t-il de nous? Un souvenir? Une image? Un son ?

 

L’un comme l’autre va tenter de se sauver et de sauver l’autre. Le fait qu’ils parlent deux langues différentes permet à chacun de se livrer davantage.

 

Trouver des corps désarticulées. Des corps qui cherchent à retrouver des positions rassurantes lorsqu’ils s’approchent de la mort. Des corps qui se désagrègent  et qui pour finir ne sont plus que le souvenir d’un autre corps. La guerre n’est qu’un prétexte, à mon avis, pour Marine Riguet pour parler de la folie de la mort.  La mort comme bête noire qui amène l’homme à la bordure de la folie. Un beau prétexte permettant aux acteurs au plateau de frôler cette folie douce, cette peur de l’inconnu. Les différentes langues nous le permettent. Se rapprocher au plus près de ce qui est cher et propre à chacune des deux figures.

 On ne sait pas où l’on est. Si ce qui se passe est réel ou imaginaire. S’ils sont deux, un ou même si ce n’est que le reflet du spectateur. Ce qui est sur,  c’est qu’ils sont dans cette quête du langage du souvenir, de ce qui reste d’humain après avoir été un monstre , la dernière trace d’humanité qu’il faut sauver pour partir en paix.

 

L’écriture de Marine Riguet est à la fois très poétique et très concrète.  Elle amène ses deux figures à un niveau de langage très élevé, inhabituel dans une telle situation qu’elle soit réelle ou imaginaire. Un niveau de langage qui nous amène à questionner le langage, les mots, le sens des mots, la nécessité de parler dans de telles circonstances. Son écriture est impulsive et sensible. Un jet d’encre jeté sur une page d’encre. Comme ces deux figures qui lancent leurs mots sans chercher de destinataire, sans rien chercher à travers le silence. L’un cherche à le conserver l’autre à le remplir. Mais ce silence comme la page blanche est notre outil de départ ici,  encore plus que d’habitude.

 

Scénographiquement ce seront les corps dans cet espace et le rapport entre les zones d’ombres et de lumières qui créeront l’espace à la fois enfermé et à la fois perdu dans le vide. Comme deux vignettes, deux parties d’un monde qui ne peuvent pas se voir ni se toucher mais juste s’entendre. Il n’y a que la volonté d’atteindre l’autre par la parole qui peut les sauver l’un et l’autre.

Parler au delà du pathos. Une voix qui vient de loin, une voix qui n’est pas une voix habituelle, une voix qui de l’intérieur de l’homme.

Seule une bassine remplie d’eau fera le lien entre ces deux hommes. Peut être le seul endroit où ils pourront dire ces paroles, leurs dernières paroles.

Un lieu intemporel, irréel presque mental. Loin de toute civilisation, de toute époque. Tout se passe dans nos têtes. Tout au long de la pièce des sons de l’extérieur, des voix incompréhensibles rythmeront le silence, le fendront de manière soit quasi inaudible soit perçante comme une bombe le silence. Les corps des deux figures s’éclateront l’un sur l’autre comme pour se fondre dans une caresse et se sépareront comme si aucun contact n’avait eu lieu.

Des corps animal, primal qui se désarticulent comme leur propre langue, leur propre vie.

Le spectacle a été joué les 8,9 et 10 juin 2011 au Théâtre Côté Cour à Paris.

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Compagnie La Passée Laurent CAZANAVE

Licence : 2-1046593

 

7 bd Marcel Pourtout 92500 Rueil Malmaison

compagnielapassee@gmail.com

 

Line Raynard chargée de production 

Laurent Cazanave Directeur artistique

Michael Pothlichet Responsable jeune public

Caroline Jaubert Responsable danse

Pour cotiser ou faire un don merci d'envoyer un chèque libellé à l'ordre de La Compagnie La Passée à l'adresse suivante:
Martine BERTOT
73 Avenue Philippe Auguste
75011 PARIS
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