TES YEUX SE VOILENT

C’est au cours d’un stage d’écriture animé par Roland Fichet dans le cadre de l’école du TNB que Laurent Cazanave a ressenti le besoin d’écrire « Tes Yeux se voilent ».
 

Ce texte est constitué de 3 formes courtes dont le thème central est la voiture, objet de fantasme et de passion, espace clos, protégé mais si dangereux à la fois. C’est aussi l’objet le plus intime de nos vies quotidiennes où chaque personne peut être si proche et si seule à la fois.

Ce travail d’écriture met en scène des faits réels :

- Un enfant, Alex, s’amuse avec ses petites voitures et les lance contre le mur, roues brisées, carcasses éventrées, voilà le destin de ces petits bolides.

- Un père part avec sa fille au supermarché, il reçoit un coup de téléphone d’un collègue de travail et va faire ses courses en oubliant sa petite dans la voiture…

- Des jeunes vont fêter les 18 ans de l’un d’entre eux et partent en boîte en voiture, au retour, l’alcool a fait son œuvre et la voiture tombe dans un lac.

Alex, en maître de cérémonie va voyager à travers ces différentes histoires pour essayer de comprendre, de voir. Il ouvre ces différents destins comme des cartons et va vite se rendre compte de la force que portent ces destinées.

« Après le drame, les larmes, les cris et la souffrance, il ne reste que le souvenir, le choc. Voilà ce que je souhaite défendre. Je veux dire et montrer ce que l’on refuse de voir.

Laurent Cazanave

CRÉATION LA PASSÉE

Texte, mise en scène, scénographie : Laurent CAZANAVE

Collaboration artistique : Claudia MONGE

Lumière : Enzo GILLES

Création sonore : Fabien KANTAPAREDDY

Avec : Emmanuelle COUTELLIER, Charles MEUNIER, Michaël POTHLICHET et Alexandre VIRAPIN

Le 25 juin 2011

À Boulogne Billancourt

Du 6 septembre 2011 au 2 octobre 2011

au BOUFFON THÉÂTRE

Le 18 décembre 2011 

au SEL a Sèvres

Du 13 au 18 décembre 2012

au Théâtre des trois raisins à Clermont-Ferrand

En mai 2013

au festival francophone de théâtre de Berlin.

La presse en parle

Article d'Allégro Théâtre

C'est alors qu'il joue seul en scène sous la direction électrisante de Claude Régy, Brume de dieu, extrait des Oiseaux, un roman de Tarjeï Vesaas, que l'on a découvert le jeune Laurent Cazanave. Artiste tout terrain il dirige cette fois quatre comédiens aussi novices que lui dans une pièce dont il est l'auteur et dont le propos percute le spectateur.

Le texte en question est constitué de trois formes courtes dont le "personnage" principal est une voiture, objet de passion et de mort. Laurent Cazanave qui semble aimer prendre de front les sujets brûlants a eu l'idée peu banale de décrire un échantillon de sensations éprouvées par une personne qui n'est plus maître de sa caisse comme on dit familièrement.

Un enfant s'amuse avec sa voiture miniature. en proie à des colères abondantes il exerce sur son jouet ses aspirations destructrices. La veille d'une fête qui réunit tous leurs proches un couple de 18 ans va en boite où le garçon écluse un peu trop d'alcool. au retour leur bagnole plonge dans les profondeurs d'un lac. Le troisième récit tiré d'un fait divers fréquent met davantage encore le public en état d'alerte sensoriel.

Si la mise en scène est - péché de jeunesse - parfois trop ciselée, le spectacle est néanmoins l'un des plus secouant qui se puisse voir. Grâce aux musiques choisies avec goût qui l'accompagne et à l'interprétation irréprochable de quatre jeunes comédiens on se trouve face à un objet théâtral dont la force d'attraction tout ensemble nous violente et nous subjugue.

Joshka Schidlow